Accueil > objectifs scientifiques > les dramaturges anglais > page 3

 

Accueil

ACCÈS à la base de données

État du corpus

Objectifs scientifiques

Publications et journées d'études

L'équipe du projet


Rejoignez l'équipe

 


Votre avis nous intéresse

 


Liens




Webmestre


Accès réservé


  1   2   3

 

Les dramaturges anglais de la Renaissance étaient-ils francophiles ? (suite et fin)

Nationalité des personnages qui parlent de la France

Adoptons maintenant un autre mode de recherche, et intéressons-nous aux personnages. Il peut être intéressant de voir comment les représentations de la France changent en fonction de la nationalité des personnages.

Regardons tout d'abord quelle est la part de personnages français et anglais dans les allusions à la France:

- sur toutes les fiches, 45 % de personnages qui font des allusions à la France sont anglais, contre 33% de français. Ceux qui parlent le plus de la France sont donc les anglais.

- chez Marlowe: la tendance s'inverse nettement (du fait sans doute du sujet des pièces, notamment Le Massacre à Paris): 89% des personnages qui parlent de la France sont français, 5% sont anglais.

- chez Middleton: on retrouve presque la moyenne générale avec 41% de personnages anglais qui font des allusions à la France, mais avec seulement 10% de personnages français parlant de leur pays, ce qui est bien inférieur à la moyenne de 33%.


Que disent ces personnages sur la France ?

Intéressons-nous maintenant à ce que les dramaturges font dire à ces personnages sur la France, et notamment à la tonalité de leurs remarques. Si l'on fait un comparatif de tonalités tous personnages confondus, on s'aperçoit que si l'on additionne les pourcentages des tonalités négatives (de hostiles à gnomiques), on obtient 50,2%. Si on fait la même chose pour les tons plutôt positifs (d'épiques à amicales), on obtient presque la même chose, et même légèrement plus: 53,1%, avec 25,8% de neutre.

Chez Marlowe, on a 58,7% de négatif, pour 67% de positif, et 23,3 % de neutre. L'équilibre est presque parfait, sauf que le positif domine tout de même. Chez Middleton, on a 59,6% de négatif et seulement 8,3 de positif, mais 38,7 de neutre.

Que disent les personnages français ?

Passons aux personnages français, et voyons ce que les dramaturges élisabéthains leur font dire sur la France. Examinons le graphique suivant:

 

Tonalités des allusions à la France des personnages français (en %)

- Sur toutes les fiches (ligne rouge du graphique), il apparaît que 48,9% des allusions des personnages français sont négatives, contre 72,3 de positives, et 20,7 de neutres. En général, donc, les personnages français disent plutôt du bien de la France, comme le montre la courbe assez basse du côté gauche et remontant bien à droite, même s'ils semblent peu enclin à se flatter.

- chez Marlowe (ligne jaune) c'est pratiquement la même chose: 59,5 de négatif, 21,5 de neutre et 70,6 de positif. La courbe épouse presque la ligne rouge du graphique.

- chez Middleton, on voit tout de suite sur le graphique que les choses de présentent différemment, avec 56,5% de négatif, 39,1 de neutre et 4,3 de positif. On remarque en effet les deux pics que l'on avait déjà observés tout à l'heure. Il semble que les Français chez Middleton soient plutôt moqueurs envers leur pays, ou bien que leurs allusions restent neutres.


Que disent les personnages anglais sur la France ?

Regardons pour finir les personnages anglais et voyons ce que les dramaturges élisabéthains leur font dire sur la France:

 

Tonalités des allusions à la France des personnages anglais (en %)

 

Du point de vue des chiffres, on remarque un équilibre entre le positif et la négatif sur toutes les fiches et chez Marlowe:

- toutes les fiches: 55,4 % de positif contre 55,1 % de négatif et 29,2 % de neutre

- Marlowe: équilibre parfait négatif-positif: 56,7% dans les deux cas, et 32,4 % de neutre.

En général, et chez Marlowe, les personnages anglais ne "se lâchent pas" particulièrement sur le sujet de la France. Leurs remarques s'équilibrent, comme on le voit sur le graphique, avec des remontées des deux côtés.

- Enfin chez Middleton, les personnages anglais font 55,1 % d'allusions négatives à la France, contre 6,3% de positives. Ils sont légèrement moins méchants que les Français - un comble - et légèrement plus positifs dans leurs propos sur la France. Mais la même tendance négative se confirme, que les personnages soient français ou anglais, à noter aussi que la neutralité des Anglais est légèrement supérieure à celles des personnages français de Middleton, 43,8 % chez les Anglais contre 39,1 % chez les Français.


En conclusion

Nous avons là, en l'état actuel de la recherche, un bilan tout en nuances, avec des surprises (la neutralité des remarques, un certain équilibre général dans les tonalités), mais aussi de fortes variations chez certains dramaturges (malgré quelques constantes).

Un fait à retenir également est que, statistiquement, sur l'ensemble des fiches, la France est la plus représentée par des personnages, puis par la présence de mots français, et enfin par des allusions à son histoire, à la nation française, et à des lieux géographiques, ce qui est un indice non pas exactement de la pénétration de la culture française, mais du type d'intérêts que pouvaient avoir les dramaturges pour la France, dans le cadre de la composition de leurs œuvres. Il faudra, comme nous l'avons dit, voir dans quelle mesure ces résultats encore partiels se confirment à l'avenir.

Etude réalisée par Jean-Christophe Mayer, copyright IRCL, 2005 ; version révisée 2025.

 

 

 

  1   2   3

 

 

Les Représentations de la France et des Français dans le théâtre anglais de la Renaissance

Une du Labo Imprimer Contact Plan du site Crédits Téléchargez les Plug-Ins