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Objectifs premiers
Ce projet a pour objet d'étudier les transferts culturels touchant à la France dans l'Angleterre de la Renaissance. L'idée est de se servir du théâtre comme moyen d'évaluation de l'impact culturel, linguistique, idéologique, ou politique de la France. Le théâtre, qu'il soit privé, populaire, ou public, est un véritable creuset d'influences à la fois artistiques et culturelles tout au long de la Renaissance anglaise. C'est souvent, à l'époque, un art opportuniste qui se nourrit de l'air du temps pour construire son matériau dramatique. Nous avons donc cherché à classer ces allusions, ou représentations, de la France et des Français au moyen d'un certain nombre de rubriques, qui sont autant de tentatives d'ordonnancement des données. C'est d’ailleurs par le biais de ces rubriques que vous pouvez interroger la base de données et élaborer vos requêtes. Ces rubriques sont le fruit de plusieurs années de recherche et de tests menés par notre équipe.
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Hypothèses et résultats partiels
Au-delà de la simple accumulation de fiches et de leur classement, notre objectif est aussi de donner sens à ces données quantitatives qu'il importe désormais d'interpréter, même si, bien entendu, il ne peut s'agir que de résultats partiels tant que le travail de recensement n'est pas totalement achevé.
Une série d'hypothèses interprétatives se dessine déjà et mérite notre attention. Il convient maintenant de vérifier la validité de ces hypothèses, notamment par un travail d'interrogation de la base de données, mais aussi lors des journées d'études du projet.
Ainsi, nous avons pu remarquer la présence d'allusions à la France dans les comédies et les pièces satiriques. Les opinions au sein de l'équipe varient malgré tout quant à l'association des allusions à un genre particulier. Certains d'entre nous émettent l'hypothèse que les allusions plus complexes, que l'on peut nommer "représentations", se trouvent davantage dans les tragédies que dans les pièces plus "légères". C'est une hypothèse qu'il faudra vérifier, et c'est peut-être là que les données quantitatives que nous avons réunies pourront nous aider à trancher.
Par ailleurs, nous avons été nombeux à établir une distinction entre l'allusion figée, stéréotypée, reproduite avec peu de variation, et avec très peu d'incidence sur la trame dramatique, et la représentation plus complexe, changeante, servant directement la dynamique dramatique. Cette dernière n'est pas toujours là où on l'attend, et elle n'est pas non plus celle que l'on attend, comme on a pu souvent le remarquer lors du travail de saisie. C'est sans doute parce que nous travaillons sur du langage qui doit s'incarner dans du vivant que la représentation en question a toutes les chances d'être paradoxale, ambivalente, complexe, et en perpétuelle transformation et réinterprétation.
D'un point de vue méthodologique, nous ne pouvons donc faire l'économie d'un certain nombre de prismes critiques qu'il faudra combiner. Les approches critiques qui se révèlent déjà comme les plus utiles au projet sont les suivantes: les théories de la réception (définition de ce qu'est une allusion grâce à l'analyse du fonctionnement du langage dramatique, rapports acteurs-spectateurs, éléments dialogiques) et de l'intertextualité (construction, élaboration de l'allusion ou de la représentation) viennent naturellement à l'esprit lorsque l'on aborde le matériau théâtral. À celles-ci nous ajouterons les approches linguistiques (histoire de la langue, phénomènes de transformation et de transmutation linguistique - "entre-deux langue", jeux de mots, travestissement - , passage d'une langue à l'autre, traduction, circulation des langues, enseignement des langues à l’époque), sans oublier l'apport des analyses contextuelles et d'histoire des idées (éléments topiques, paradigmes, enjeux sociaux, circulation des idées et des écrits, conditions de l'interfaçage de différents discours, influence culturelle de la France, construction des identités nationales). |